•  

    musique/musica 

     

    À travers un vitrail

    À travers un vitrail

     

     

    CETTINA  RIZZO

    université de Catane

    Cettina  Rizzo

    CETTINA RIZZO enseigne la langue et la littérature françaises à l’Université de Catane (Italie). Elle a consacré ses recherches aux approches comparées entre les Arts et la Littérature ai XIXe siècle et à la pratique de la traduction du texte littéraire. Elle coordonne un atelier de traduction et de mise en scène des dramaturgies contemporaines francophones.

     

    Cettina  Rizzo

     Cettina RIZZO insegnato lingua e letteratura francese presso l'Università di Catania (Italia). Ha dedicato la sua ricerca di approcci comparativi tra le arti e la letteratura hanno XIX secolo e pratica della traduzione di testi letterari. Coordina un laboratorio di traduzione e messa in scena di francofoni drammaturgia contemporanea.

     

     

     

    Cettina  Rizzo

    A travers un vitrail :

    Émile Vitta et  Adolphe Willette

     

    A travers un vitrail  est un recueil d’Émile Vitta, poète discret et raffiné, issu d’une importante famille juive d’origine italienne installée à Lyon vers 1846[1], bien  intégrée dans la société du  Second Empire et de la III Républiqueet ayant sombré dans l’oubli après la vague d’antisémitisme.Il en reste peu de traces de  nos jours. Installée dans le Palais Vitta, aujourd’hui l’Hôtel du Gouverneur,  elle a représenté pour la ville une page d’histoire décisive, comme les études du Général Laurent le montrent[2]. La demeure renfermait des collections de peintures extraordinaires, contenant aussi des Rembrandt et des Delacroix[3]. C’est dans  ce contexte artistique qu’Émile grandit, entouré d’objets d’art et de toiles de grands maître. Joseph, son frère,gardait dans sa collection le Sardanapale de Delacroix qu’il cédera ensuite au Louvre.

    Émile Vitta, auteur aussi de Farandole de Pierrots[4], Vers l’étoile[5], La Promenade franciscaine[6], Passage sur Terre[7], Le Rossignol des murailles[8], Le rythme universel [9], L’Archet sans retour[10], a évolué dans un milieu cultivé et ouvert aux arts : il se forme au goût du beau et de la perfection et ses poèmes sont redevables à la peinture et à la gravure. Mais c’est dans l’illustration que les processus alchimiques et de symbiose entre la parole et l’imageatteignent les résultats les plus originaux.Sa conception de la poésie est mystique et visionnaire mais d’un style simple et clair, où règne une atmosphère calme et sereine : les  qualités de force et d’équilibre semblent s’harmoniser parfaitement dans ses vers et s’inscrire aussi dans les techniques d’Adolphe Willette[11] qui a illustré une série de ses poèmes. Nous avons choisi deux exemples du recueil édité en 1892  pour analyser l’importance sémiotique entre les Arts[12] : le premier exemple est l’image du frontispice,  la synthèse du texte, A travers un vitrail, reprise à l’intérieur du volume, avec les vers en bas de page. Nous avons saisi dans cette ‘architecture’ une véritable rencontre des ‘signes’, une volonté de reformulation du binôme parole/image pour une osmose et une synesthésie parfaites.

     Le deuxième exemple est  l’illustration de Willette, L’Art chrétien, dans le même recueil, sur laquelle Vitta intervient parle texte avec un jugement de valeur (que nous reproduisons dans l’article) à contrecourant dela critique officielle et qui ouvre un horizon inattendu sur les qualités et les choix de ce peintre, connu surtout pour ces travaux sur la figure du Pierrot.  Le recueil, dans son intention manifeste et latente,  exploite les démarches inductives et stimule le lecteur à  comprendre  les textes en regardant ‘les vitraux’ ; c’est la tentative de parler  à travers les clairs-obscurs, les dessins, les formes, les sujets, les émotions de la vision d’abord, et de laisser  écouter les sons en même temps, tout en admirant la ‘cathédrale’.  C’est la récupération de la signification profonde de l’art du vitrail dans les églises du Moyen-Âge, pour arriver aux cœurs des fidèles à travers une narration iconographique ; c’est la recherche d’une conception sacrée de la parole.

    ________________________________

    (1)Abbé Adolphe Vachet, Nos Lyonnais d’Hier 1831-1910, Lyon, chez l’auteur, 1910, p.378.
    (2)Albert Laurent, Les Vitta, Lyon, Noirclerc et Fenetrier, 1966.
    (3)Cf. Le catalogue : Joseph Vitta. Passion de collections, Paris, Somogy, Editions d’Art, 2014.
    (4)ÉmileVitta, Farandole de Pierrots, Paris, Vanier, 1890.
    (5)ÉmileVitta, Vers l’étoile, Paris, Vanier, 1892.
    (6)ÉmileVitta, La promenade franciscaine, Paris, Albert Messein, 1926.
    (7)ÉmileVitta, Passage sur Terre, Paris, Albert Messein, 1926.
    (8)ÉmileVitta, Le Rossignol des murailles, Paris, Albert Messein, 1927.
    (9)ÉmileVitta, Le rythme universel, Paris, Albert Messein, 1932.
    (10)ÉmileVitta, L’archet sans retour, Paris, Les amis d’ÉmileVitta, 1935.
    (11)Cf. le catalogue Adolphe Willette, 1857-1926, Paris, Lienart, 2014.
    (12)ÉmileVitta,A travers un vitrail, Paris, Léon Vanier, 1892.

     

    À travers un vitrail

     

     

    La Poésie en chantant                                                   La Poésie en chantant

    S’avance sur le chemin,                                                 Marche dans le crépuscule,

    Dans l’ombre à peine on l’entend,                                 Dans l’ombre à peine on entend

    Elle tient un lis en main.                                               Le pas léger de sa mule.

    Vers quel but ? Vers quel chemin ?                                                               

      Vers quelle aube aux blanches teintes

                                             Va-t-elle un lis à la main ?

                                             Dis-le, clochette qui tintes.

                                         ÉMILE VITTA

     

     

    Dans l’illustration du poème A travers un vitrail   tout est symbole, la configuration de l’image est simple et met en valeur les préoccupations religieuses de Willette, connu en général pour son audace, sa vision malicieuse, son dessin dynamique, son exécution rapide. Le dialogue entre poète et peintre transforme l’espace de création dans une œuvre à double voix.

    Le Silence, la méditation, l’attitude sereine de la jeune fille expriment une profonde et ancienne sagesse.Au premier plan, la femme et l’âne. Tout le paysage est un décor figé, le mouvement est rythmé par la lente marche de la mule et par l’ouverture de la bouche de la jeune fille chantant. Son visage est encadré par une tâche lumineuse,  la lune. La jeune fille est  une personnification de la poésie et la mule représente dans la Bible la monture des chefs pacifiques. Les vers, en bas de l’illustration,expriment la même harmonie de l’ensemble : la reprise, en miroir mais dans une perspective renversée,  d’une construction pyramidale. Le lys est une métaphore, soulignée par la couleur claire qui fait pendant à l’auréole : il évoque la Bible et le peuple d’Israël mais aussi dans son ancienne orthographe, préférée par le poète, « lis », il se rattache à une complexe stratigraphie mythique et héraldique qui  souligne l’essence divine et l’immortalité.  Les différents éléments étymologiques se mélangent dans le poème: les vérités de la Trinité, l’Annonciation à Marie[13], la Virginité de la mère de Dieu, la force et l’immortalité des familles royales défendant la Chrétienté.

    Les seuls points de focalisations sont en effet la tête renfermée dans un cercle ‘lunaire’ et la fleur souple et élégante dans les bras de la jeune, avec tige, bulbe, pistil et feuilles. La lune semble un hommage à la figure de Pierrot ou un rappel plutôt, si on l’associe aussi au chant[14] et si l’on pense à l’importance de ce masque de la Commedia dell’arte dans la vie artistique de Willette. D’ailleurs ce n’est pas le premier cas de superposition du sacré et du profane : les frères Goncourt, dans Manette Salomon, avaient suivi presque le même parcours en faisant peindre à Anatole l’image d’un Pierrot sur celle cachée du Christ[15].

    Dans l’illustration, le crépuscule envahit la scène, l’ensemble invite à la méditation et le texte poétique, après avoir décrit les détails du ‘vitrail’, débouche dans la troisième strophe sur une série de questionnements sur la finalité  de ce parcours et sur la recherche spirituelle :Vitta et Willette  dévoilent une commune vision mystique[16].

    [13] Leonardo da Vinci a réalisé, entre 1472-75, une magnifique Annonciation  où l’Ange tient en sa main un lys avec tige et fleur; le tableau se trouve à Florence, GalleriadegliUffizi.

    [14] Pierrot qui chante à la lune est un motif bien codifié à la fin du siècle, cf. Juan de Palacio, Pierrot fin de siècle, Paris, Séguier, 2003.

    [15] Il effaça et barbouilla toute la toile furieusement, jusqu’à ce qu’il eût fait sortir du corps divin un grand Pierrot, l’échine pliée, l’œil émerillonné. Quelques jours après, dans les caves du bazar Bonne- Nouvelle, le public faisait foule à la porte d’un nouveau spectacle de pantomime devant ce Pierrot signé : A.B.,- et qui avait un Christ comme dessous. (Edmond et Jules de Goncourt, Manette Salomon, (1867), Préface de Miche Crouzet, Paris, Gallimard, 1996, p.181).

    [16] Willette  répondant à une invitation des membres catholiques des Beaux-Arts, en 1914, avait écrit une prière pour le Mercredi des Cendres, dédiée à ceux qui vont mourir. Après son décès, ce texte est connu comme la Messe de Willette.

    Le prélude à l’aube est traduit au niveau iconographique dans les traits sereins et confiants de la jeune fille qui avance lentement et en paix. Le calme et l’équilibre dominent la représentation, de dérivation classique, dans l’organisation des plans. La parole de Vitta se mêleà la vision de Willette pour annoncer au lecteur/spectateur la bonne parole. L’harmonie du soir, la clochette qui tinte, s’ouvrent sur dessynesthésies de dérivation baudelairienne et la scène se charge de symboles : la Poésie, comme une Madone, s’apprête à entrer en Egypte, et tient dans sa main la magnifique fleur de pureté.

    Le sujet sacré est d’ailleurs repris, comme un refrain, dans tout le recueil et dans le poèmeArt Chrétien,Triptyque la construction  devient encore plus articulée et complexe et l’organisation triadique est visible, là où le Triptyque était évoqué dans le poème A travers un vitrail surtout par la disposition du texte poétique :ici, l’image de la Madone est représentée  dans les trois parties et décrite par les vers qui l’associent à  la blancheur du lys : « plus diaphane que la fleur du lys […] ».

    À travers un vitrail

     

     

    Le dessin de Willette et le texte poétique de Vitta présentent un partage de la scène et des strophes en trois séquences, sorte de narration biographique de la vie d’un peintre, très à la mode au XIXe siècle si l’on pense aux romans et nouvelles de Balzac avec le Chef d’Œuvre inconnu, de Gautier avec Onuprhrius, de Champfleury avec Chien-Caillou,de Duranty avec Le peintre Marsabiel, des frères Goncourt avec Manette Salomon, de Zola avec L’Œuvre, pour ne citer que quelques exemples.

    Willette  s’insère donc dans une tradition artistique importante avec les représentations de l’Atelier, dont le modèle est celui de Courbet,  et Vitta suit des structures littéraires, l’ekphrasis en particulier,  très exploitées pendant tout le siècle : le dessin reprend dans le premier volet la biographie même de Giotto, jeune enfant qui s’amusait à jouer avec la peinture, et Willette élabore l’histoire dans l’image du jeune berger qui  reproduit sur le sable l’image de la Vierge nimbée. Un ange l’accompagne dans sa carrière future en lui tenant sa palette, dans le deuxième volet, pour peindre la figure de la Mère et de l’Enfant : le modèle est réel et en même temps symbolique car l’artiste est concentré sur la toile et sur la Madoneen tant qu’image intérieure et le souvenir de Saint Luc l’évangéliste nous revient à l’esprit [17]; le chœur des anges musiciens souligne la dimension mystique de la scène d’Atelier et les références à la peinture sacrée duXIVe siècle. Le troisième volet ouvre à la dimension de la critique d’art : un ange cache l’image sacrée à ceux qui ne sont pas dignes de la contempler, au niveau esthétique et religieux.

    Vitta avait inséré entre l’image et la parole un extrait manuscrit, écrit de sa propre main, pour faire l’éloge du peintre face aux jugements négatifs de la critique : «  Cette composition passe  pour une des meilleures de Willette, surtout le troisième volet du triptyque où un Ange cache des plis de sa robe le tableau aux critiques d’alors (Albert Wolf, Vitu, etc.)  qui ont ignoré le peintre de son vivant et semble leur dire : Ceci n’est pas pour vous ».

    Le titre du poème est Art Chrétien[18] et Vitta utilise les procédés stylistiques déjà mis en relief pour le texte A travers un vitrail, la simplicité et la profondeur du fond avec des suggestions spirituelles et des raffinements esthétiques dans les images évoquées : là c’était un vitrail historié, ici c’est la beauté d’un émail :

    Comme il dessinait sur le sable,

    Une voix indéfinissable

     

    Lui dit : «  Laisse là tes brebis,

    Prends du fromage et du pain bis,

     

    Et pars bravement pour la ville.

    Là, travaille, deviens habile,

     

    Et tu peindras sur fond d’émail

    Entre deux saints sous leur camail

     

    Une Madone plus diaphane

    Que la fleur de lys qui se fane.

     

    Le contexte sacré est évoqué dès le début par l’image du jeune homme, il est le gardien des brebis et il rêve de peindre l’image de la Vierge Marie.

    ____________________

    17]Le modèle du Guercin est très important à ce propos, car on peut admirer une configuration similaire dans l’ange qui entre dans la scène pour soutenir l’artiste et son entreprise divine. Le tableau (1653) se trouve à Kansas City, the Nelson-Atkins Museum of Arts.

    [18] Cf. NellaArambasin, Laconception du sacré dans la critique d’art en Europe entre 1880 et 1914, Genève, Droz, 2006.

    [19]ÉmileVitta avait aussi écrit des poèmes parus dans le recueil de l’abbé Charles Juste, Vers Florence et Fiesole : sur les pas de Saint François d’Assise, E. Pigelet, 1936.

     L’association religieuse est d’ailleurs renforcée dans la deuxième strophe où il est décrit comme  un moine et un artiste, concentré tant sur l’art que sur  la prière :

     Nul n’a jamais su sa patrie

    Le jour, il peint, la nuit, il prie.

     

    Et comme le contexte urbain et culturel  présenté est celui de la ville de Florence[19], le lien avec le couvent de San Marco est immédiat, ainsi que les souvenirs des religieux tels que Beato Angelico et de ses peintures magnifiques et spirituelles représentant la Mère de Dieu.

    La dernière strophe chante les louanges de l’œuvre complétée, de sa force religieuse, d’un projet accompli, réel et en même temps divin :

     

    Œuvre bénie ! Œuvre rêvée !

    O douceur de l’œuvre achevée !

     

    L’œuvre d’art est une copie de l’œuvre religieuse et,par conséquent, elle possède une énergie invisible, à même de  conduire son artiste-pasteur vers la lumière, au-delà des labyrinthes du doute. La création aboutira à sa révélation ; le message est bien loin de celui du Frenhofer balzacien, car l’art fraye un chemin au spirituel.

    L’apport de Willette à l’univers artistique devrait être revu à la lumière de sa collaboration à l’écriture poétique de Vitta, le premier ayant encore beaucoup de facettes à dévoiler, le deuxième gardant un ouvrage  qui attend d’être exploré dans le panorama littéraire moderne.

     

    Cettina Rizzo

     

     

    [19]Émile Vitta avait aussi écrit des poèmes parus dans le recueil de l’abbé Charles Juste, Vers Florence et Fiesole : sur les pas de Saint François d’Assise, E. Pigelet, 1936.

     

     

    À travers un vitrail 

    "Le Lac des Pleurs" 10 vers

    J'ai campé près d'un lac lisse, glauque et profond,
    Tel qu'au séjour des morts en rencontra le Dante.
    Et l'Arabe m'a dit « Ne cherche pas le fond
    Et ne prolonge pas cette halte imprudente
    Car ce lac est depuis Adam alimenté

    Par tous les pleurs qu'a répandus l'Humanité.
    Resselle ton cheval et ramasse les armes.

    Va-t'en. Mais ne crois pas, fils, avoir mesuré
    Les douleurs des humains au gou f fre de ces larmes
    Car les plus malheureux d'entre eux n'ont pas pleuré».

     VITTA Emile est né à Lyon en 1866 † à Paris en 1954

    Poète, Baron

     

    ************************************************************************************ 

     

    Cettina  Rizzo

     À travers un vitrail

    Cettina  Rizzo

    dessin de Adolphe Willette

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    musique/musica 

    mettez le son

     

     

    Gianfranco  Stroppini

     

    Gianfranco  Stroppini

    GIANFRANCO  STROPPINI  DE  FOCARA

     

     

    Gianfranco  Stroppini
     

    Biographie :

    Gianfranco Stroppini de Focara, romancier et poète, est né à Pesaro (Italie) le 15 juillet 1940. Émigré en France à l’âge de onze ans en 1950, ses études littéraires au lycée Malherbe de Caen puis à la Sorbonne, l’ont conduit à l’agrégation de Lettres Classiques, puis au doctorat. Il est venu en France en 1950 (Etudes de Lettres classiques), a fait ses études secondaires au lycée Malherbe de Caen. Puis, il se rend à Paris pour ses études supérieures : Sorbonne (Etudes de Lettres classiques et de Grammaire comparée des langues indo-européennes, Ecole Pratique des Hautes Etudes (section de Philologie indo-européenne, Institut d'Etudes indiennes). Il est membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen.

    Il a mené de pair sa carrière d’enseignant et de chercheur sur la thématique de l’amour dans la poésie occidentale depuis Virgile et l’époque alexandrine jusqu’aux temps modernes. Sa veine poétique et musicologique s’est parfois essayée dans la langue italienne.

    Gianfranco Stroppini de Focara (pseudonyme littéraire), spécialiste de l'amour dans les Bucoliques de Virgile, a élargi son champ d'études aux autres oeuvres de Virgile, aux poètes alexandrins de langue latine, puis à ceux de langue d'oc. Outre ses recherches, il a édité en langue française et italienne des récits, des romans et des poésies; il s'est, aussi, consacré à d'autres domaines : musicologie, peinture....

     

    Gianfranco  Stroppini

    Biografia Gianfranco Stroppini de Focara, romanziere e poeta, è nato a Pesaro (Italia). Emigrato in Francia all'età di undici anni.  Studi liceali presso  il liceo   Malherbe de Caen, poi universitari alla Sorbona di Parigi.  Docitura universitaria di lingue classicche. Ha preso lungo la sua carriera come insegnante e ricercatore sul tema dell'amore nella poesia occidentale da Virgilio e l'Alessandrino era ai tempi moderni. Sua vena poetica e musicologica a volte viene testato in lingua italiana.
    Gianfranco Stroppini della fòcara (pseudonimo letterario), specialista dell'amore nelle bucoliche di Virgilio, ha esteso i suoi studi per altre opere di Virgilio, Alessandrina di poeti di lingua latina, poi lingua di OC. Oltre alla sua ricerca, ha pubblicato in francese e italiane storie, romanzi e poesie; È, inoltre, dedicato ad altre aree: musicologia, pittura...
    L'autore è Nato il 15 luglio 1940, a Pesaro, Italia. Egli è venuto in Francia nel 1950 (studi in lettere classiche), ha fatto gli studi secondari presso il Lycée Malherbe de Caen. Quindi, si recò a Parigi per i suoi studi universitari: Sorbonne (classici studiati e grammatica comparativa delle lingue indiane indoeuropee, École Pratique des Hautes Études (sezione di filologia indo-europea, Institut d'Etudes). È un membro del Accademia delle scienze, arti e Belles-Lettres de Caen.

     

    Gianfranco  Stroppini


    Bibliographie :


    VIRGILE ET L'AMOUR
    Les Bucoliques
    Gianfranco Stroppini
    *
    L'AMOUR DANS LES LIVRES I-IV DE L'ENÉIDE DE VIRGILE
    ou Didon et la mauvaise composante de l'âme
    Gianfranco Stroppini
    *
    L'AMOUR DANS LES GÉORGIQUES DE VIRGILE
    ou l'immanence du sacré dans l'être
    Gianfranco Stroppini

    FARAHMÖNDE
    Roman
    Gianfranco Stroppini
    *
    DU CÔTÉ DE GARIBALDI
    Gianfranco Stroppini

    OEUVRES DE RECHERCHE :
    - L'amour dans les Bucoliques de Virgile, divergences et convergences, Atelier national de reproduction des Thèses, Université de Lille III, 1992, 2 vol., 1107 pp.
    - Amour et dualité dans les Bucoliques de Virgile, Paris, Klincksieck, 1993, 295 pp.
    - Virgile et l'amour. Les Bucoliques, Paris, Orizons, 2010, 551 pp.
    - Edition de Virgile, Enéide, traduction de Marcel Desportes, Paris, Orizons, 2009, 329 pp.
    L'amour dans les livres I-IV de l'Enéide de Vigile ou Didon et la mauvaise composante de l'âme, Paris, L'Harmattan, 2003, 151 pp.
    - L'amour dans les Géorgiques de Virgile ou l'immanence du sacré dans l'être, Paris, l'Harmattan, 2003, 186 pp.
    - Virgile, Rome et la fin de l'histoire, Paris, Ausonia, 2001, 81 pp.


    ARTICLES :
    - "Amour, dialogue et unité dans l'oeuvre de Virgile", Les Etudes Classiques 65, Louvain, 1997, p. 97-115.
    - "Poésie d'amour alexandrien et poésie d'amour médiévales (polysémie et concordances)", Mémoires de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen XXXVIII, 2000, p. 1-41.
    - "De l'alexandrinisme au livre sacré", Mémoires de l'Académie des Sciense, Arts et Belles-Lettres de Caen XXXV, 1997, p. 123-149.
    - "L"harmonie cosmique virgilienne et l'oeuvre d'Auguste", Res publica litterarum, studies in the classical tradition XIX, University of Rom, 1996, p. 65-95.
    - "Madame Bovary ou l'idéalisme de Flaubert", BAGB, Paris, juin 1992, p. 174-180.
    - "Il melodramma nel processo di attuazione della coscienza nazionale italiana", P.R.I.S.M.I. 5, Université de Nancy II, 2003, C.S.L.I., p. 43-68.
    - "Quintilien et la rhétorique de la passion dans les livres I-IV de l'Enéide de Virgile", Quintiliano, historia y actualidad de la retorica, Gubierno de la Rioja, Instituto de Estudios, 1998, II, p. 1071-1085.
    - "Le latin et la romanité&, fondement de l'Europe", Certitudes 10, Paris, 2002, p. 66-69.
    - "L'esprit de la romanité païenne", Certitudes 6, 2001, p. 47-53.


    LITTERATURE :
    1- Prose
    - Flashes de lune, ill. Maryline Stroppini, Paris, Librairie-Galerie Racine, 2003, 156 pp.
    - Rome et après ? ill. Maryline Stroppini et Marc Duprat, Saint Denis, Ausonia, 1988, 197 pp.
    - Farahmönde, Parsi, L'Harmattan, 2008, 269 pp.
    - Do côté de Garibaldi, Paris, L'Harmattan, 2010, 142 pp.

    2- Poésie
    - Poésies en éloignement, bilingue français-italien, Paris, édition Les Poètes français, Paris, 2002.
    - Les nuits d'Hécate, Paris, Libraire-Galerie Racine, 2006, 67 pp.

     

    Gianfranco  Stroppini

    Gianfranco  Stroppini

    Gianfranco  Stroppini

    Gianfranco  Stroppini

    Gianfranco  Stroppini

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Gianfranco  Stroppini

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    ROME DEGUERGUE

    Extrait issu du recueil bilingue fr./it.
    … de par la Reine… marcher dans la couleur du temps
    … su ordine della Regina… camminare nel colore del tempo
    Traduit en italien par Arianna Canciello & Giuseppe Cappiello
    Préface de Jehan Despert, SCHENA EDITORE 2013
    Grand Prix de l’Académie de Versailles & Médaille d’argent de l’Académie internationale de Lutèce.


    XVI

    Aiuole, carpini & boschetti dove sognare le grandi feste Reali: Dandin, Couperin, Rameau, Molière, Lully, Arlequin… Fuochi d’artificio reali; sfavillanti acque musicali notturne. E dai bacini di Latona, di Nettuno, lasciare andare lo sguardo alla deriva verso una frangia d’orizzonte al di là dei giardini e dei canali.

    Correre lentamente, visitare i boschetti che incantano le Grandi Acque attraverso le quali scorgere un frammento di arcobaleno, promessa di felicità caleidoscopica qualificata di eterno.

    Omaggio alle feste dove l’amore a grandi fiotti riversa il piacere del desiderio rinnovato senza sosta da perderci il cuore e la testa, anonima o celebre.

    Maria Antonietta, “l’Austriaca”, ancora giovane e frivola, presa da vani vortici; messinscene di storielle dagli amori ostacolati, fugge tra la vegetazione labirintica e i getti di acqua chiara delle fontane e reinventa in questo luogo una “nuova arte di vivere”.

    Solo più tardi perderà il suo amorevole capo, ma non qui, non ancor’.

    È dunque così difficile diventare una regina amata, nel paese dei Francesi!

     


    XVI

    Parterres, charmilles & bosquets où rêver au grand divertissement Royal : Dandin, Couperin, Rameau, Molière, Lully, Arlequin… Feux d’artifice royaux ; pétillantes eaux musicales nocturnes. Et près des bassins de Latone, de Neptune, laisser le regard dériver vers une frange d’horizon au-delà des jardins et canaux.

    Dans une course lente, visiter les bosquets qu’enchantent les Grandes Eaux, à travers lesquelles entrevoir un fragment d’arc en ciel est gage de félicité kaléidoscopique qualifiée d’éternelle.

    Hommage aux fêtes où l’amour à longs flots déverse le plaisir du désir sans cesse renouvelé d’y perdre le cœur et la tête, anonyme ou célèbre.

    Marie-Antoinette, « l’Autrichienne », encore jeune et frivole prise dans de vains tourbillons ; mises en scène d’historiettes légères aux amours contrariées, fuit parmi les frondaisons labyrinthiques, les jets d’eau claire des fontaines et réinvente en ce lieu un « nouvel art de vivre ».

    Plus tard seulement perdra son aimable cap, mais pas ici, pas encor’.

    Est-il donc si difficile de devenir une Reine bien aimée, au pays des Français !

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    Artothèque France*1*

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    Artothèque italie*1*

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    Michel Bénard

     

    MICHEL  BÉNARD

    Michel Bénard


    Effleurer silencieusement l’infini,
    Déplacer l’ordre du temps,
    Revisiter les livres de pierre.
    Du symbole à la lettre
    La poésie intuitiste
    Prend forme d’une passerelle.
    Ses couleurs arborent
    L’aura d’un miracle.
    Sur les brasiers de nuit
    Les pénitents avancent nus pieds,
    Penseur en liberté, je me surprends
    À servir l’office du renoncement.
    À oublier le temps des catacombes,
    Mais à croire aux résurgences de la vie
    Et à découvrir les beautés d’un diamant
    Dans une veine d’ambre.

     

    Michel Bénard

     

    Sfiorare silenziosamente l’infinito,
    Spostare l’ordine del tempo,
    Rivisitare i libri di pietra.
    Dal simbolo alla lettera
    La poesia intuitista
    Prende la forma di una passerella.
    I suoi colori sfoggiano
    L’aura di un miracolo.
    Sui bracieri notturni
    I penitenti avanzano a piedi nudi,
    Pensatore in libertà, mi sorprendo
    A servire l’ufficio della rinuncia,
    A dimenticare il tempo delle catacombe,
    Ma a credere alle rinascite della vita
    E a scoprire le bellezze di un diamante
    In una venatura d’ambra.

     

     

    Michel Bénard

     

     

    Partager via Gmail

    1 commentaire
  •  

    J.F. Dussottier

     

    JACQUES-FRANCOIS  DUSSOTTIER

    J.F. Dussottier

     

    AU SEUIL DU SONGE

     À la margelle fascinée d’une fenêtre

    quand l’instant trouble l’infini
    des oiseaux enneigés de lumière
    dans un bruissement d’essaim
    s’envolent comme une source d’eau vive.

    Frise mouvante,
    chapelet impatient
    qui palpite dans l’or du matin.

    Le temps, cette fleur nomade
    trouble les saisons de mon rêve,
    l’été vient soudain d’éclore
    dans un moment d’éternité.

    J.F. Dussottier

     

    J.F. Dussottier

     

    ALLA SOGLIA DEL SOGNO

     Al davanzale affascinato di una finestra

    quando l’istante turba l’infinito
    uccelli innevati di luce
    in un brusio di sciame
    volano via come fonte d’acqua viva.

    Fregio mutevole,
    corona impaziente
    che palpita nell’oro del mattino.

    Il tempo, questo nomade fiore
    turba le stagioni del mio sogno,
    l’estate sboccia improvvisa
    in un momento di eternità.

     

     

    J.F. Dussottier

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  • Giovanni Dotoli

     

    MARIO  SELVAGGIO

    Giovanni Dotoli

    Délirante absence


    Dans l’instant aveuglant de cette aube cristal
    Ton image égarée frissonnait dans mon cœur
    Je criais sans cesse : « Ô ma femme fatale
    Donne-moi ton amour je t’en prie n’aie pas peur »

    Et sa voix répondit au délire de mon âme :
    « Je ne peux te donner que les larmes du ciel
    Jaillissant de mon cœur car cela c’est mon drame
    Je ne fais qu’escorter mes chemins mémoriels »

    Et ces mots se perdaient aux éclairs de la lune
    Dans l’espace étoilé d’une nuit rutilante
    Et le cœur palpitait de sa force éclatante

    Puis ses yeux je cherchais dans la voûte céleste
    Deux éclairs dans le ciel annonçaient son regard
    Un éclat s’évanouit dans l’univers fuyard

    Cagliari, le 8 avril 2015

     

    Giovanni Dotoli

    Giovanni Dotoli

    Gocce di rugiada


    I tuoi capelli
    Spighe di grano maturo

    I tuoi occhi
    Conchiglie madreperla

    Le tue labbra
    Petali di rosa

    Il tuo corpo
    La dimora sognata

    Il tuo sguardo
    Luce di galassie perdute...

    Voglio sentirti...

    Sprofondare
    Nei tuoi più intimi recessi,

    Perdermi
    Nel labirinto delle tue emozioni,

    Svanire
    Nella tua aurora boreale...

    Come un naufrago in balia
    Degli elementi,
    Vago senza meta
    Alla ricerca del tuo volto
    Stella del mattino
    Dipinta sulla linea dell’orizzonte...

    Fammi approdare
    Nel tuo porto sicuro

    Concedimi le lacrime
    Del tuo amore

    Svelami i segreti
    Dei tuoi sussulti

    Mostrami la rotta
    Dei tuoi sentieri stellati

    Gocce di rugiada
    Si posano dolcemente
    Sulle mie labbra madide
    D’istanti senza tempo,
    Fragili ricordi
    Appesi a quel filo sottile
    Chiamato: Speranza...


    Cagliari, 10-11 febbraio 2014

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

     

     

     

    GIOVANNI MERLONI

     

     

    À la mer

    « Quand explose l’été, ils se croient assez nus
    mais ils sont habillés. Leurs chemins sont frayés
    par l'ardeur de leurs pas sous les ombres des pins. »

    Tu effleurais le matin par tes feuilles légères
    caressant ton élan d’une tunique crêpée.
    En voyage, le vent s’engouffrant par la vitre
    recouvrait bien de bruits. Tu parlais de chansons.

    « Quand explose l’amour, il ressemble à l’été,
    et pourtant le soleil ne défait pas ses nœuds. »

    Descendant bien de marches on était malheureux.
    Toi, nerveuse, badine, tu chantais que des mots.

    « Qu’il est sombre l’amour s’il explose dans un corps
    surgissant à la vie ! À la vie qui s’envole
    insouciante et légère comme une chanson. »

    Nous étions à la plage. Contre un ciel ennemi
    des tordus parasols déguisaient nos corps nus.
    Des amas d’algues mortes s’engouffraient à nos pieds
    des journaux voletaient vers le fond vert de l’eau.
    Au lointain, arborant des lunettes assez drôles
    triste et belle tu glissais dans les ondes
    déjouant brusquement mes envies vagabondes.

    « Qu’il est sombre et bizarre revenir, au couchant
    aux murs brûlants de cette ville poussiéreuse
    parfumée de sagesse, tellement loin de la mer ! » (1)

    Giovanni Merloni

    (1) Une journée à la mer sur la côte Adriatique en 1975. La ville est Bologne.
    ___________________________________

    Al mare

    «Quando esplode l’estate la gente più nuda
    è ancora vestita.» Tra gli aghi di pino,
    nell’aria bruciata, l'impetuoso destino
    vorrebbe spogliarsi della coltre dei passi.
    Tu, leggera, vestita di foglie, carezzavi il mattino
    La tua tunica crespa sfiorava i sassi.

    Era luglio. Il vento violento del finestrino
    ne copriva i rumori. «Quando esplode
    l’amore somiglia all’estate
    ma il suo nodo il sole non slega.»

    Felice e infelice è il cammino su scale in discesa.
    Tu cantavi parole, nervosa, scherzosa.
    «Come è cupo l’amore che esplode su un corpo
    che nasce alla vita. Alla vita che passa,
    veloce e sottile come una canzone.»

    Sulla spiaggia le donne
    sparivano nei loro ombrelloni
    tra un odore di alghe e conchiglie
    rovesciate dall'acqua.
    Tu lontana, con strani occhialetti,
    triste e bella, scivolavi nel sole
    eludendo il mio sguardo sperduto.

    «Come è strano, la sera, tornare
    nelle mura di una città polverosa
    odorosa di libri, lontana dal mare.» (1)

    Giovanni Merloni

    (1) Gita in una località balneare dell'Adriatico nel 1975. La Città è Bologna

     

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire
  •  

    Italia in arte nel mondo

    Italia in arte nel mondo

    Italia in arte nel mondo

    Associazione culturale accademia internazionale Italia in arte nel mondo

    BRINDISI / ITALIA

    web : www.italianin artenel mondo.it

    Italia in arte nel mondo

     (traductrice MARIA  TORRELLI)

     

     

     

     

     

     

     

    Partager via Gmail

    votre commentaire