• Concetta Cavallini

     

    Concetta Cavallini

     

    Concetta Cavallini

     

    Concetta Cavallini

    Concetta CAVALLINI

    Università di Bari Aldo Moro

     

     

    Concetta Cavallini

    Concetta Cavallini

    Yves Bonnefoy entre poésie et arts visuels


    1. Bonnefoy et Constable


    Création artistique et création poétique sont deux domaines et deux forces qui partagent le pouvoir des images. Peinture et poésie dégagent la réalité des signes verbaux qui empêchent le spectateur de pénétrer le monde en profondeur et lui offrent la possibilité de vivre la présence1 en dépassant le niveau de la représentation. Parole poétique et image peinte doivent lutter contre ce concept qui prend au piège la réalité pour l’exprimer de façon immédiate.
    Les poèmes de Bonnefoy représentent les lieux d’un dialogue incessant non seulement avec le lecteur mais aussi avec les œuvres d’art contemporaines et du passé. Le tableau de John Constable « Dedham, from Langham » (1813) donne le titre à un poème célèbre de Bonnefoy, inséré dans le recueil Ce qui fut sans lumière2. Bonnefoy évoque souvent dans ses œuvres critiques la lumière changeante et fugitive qui caractérise Constable, « ce peintre du Nord »3. Le poème est divisé en deux sections, chacune de longueur différente. Les images qui se succèdent sont nombreuses, comme s’il s’agissait de touches de couleur. Ainsi « haies », « villages au loin » et « rivière » semblent défiler devant les yeux du lecteur. La sensation de mélancolie semble s’imposer, mais le peintre a sû donner au tableau une lumière sans égale et Bonefoy lui reconnaît ce mérite : « Mais tu as su mêler à ta couleur / Une sorte de sable qui du ciel / Accueille l’étincellement dans la matière »4.

     C’est comme si Bonnefoy avait voulu pénétrer dans ce tableau pour participer de l’incertitude et de l’angoisse du peintre qui doit lutter contre des signes insaisissables. Mais il participe aussi de sa victoire pour avoir trouvé la forme qui fait retentir la musique même des couleurs : « Tu as vaincu, d'un début de musique, /La forme qui se clôt dans toute vie » 5.
    Le rythme acceleré determiné par les enjambements donne une idée d’unité qui favorise une sorte de vision synergique du poème tout entier, comme s’il s’agissait d’un tableau. Pour Bonnefoy, qui l’exprime clairement surtout dans la deuxième section du poème, la puissance créatrice de Constable est énorme. Le peintre arrive à exprimer « la plénitude dans le bruit ». Ce mot, plénitude, est répété à plusieurs reprises pour renforcer l’idée de la combinaison raffinée de la forme et de la couleur qui produisent un résultat réél permettant de s’aventurer dans le domaine de figures et signes6.
    L’admiration de Bonnefoy pour Constable est profonde. Il semble avoir révélé l’enfance de l’art, c’est-à-dire les figures et les signes qui redécouvrent le pays lumineux d’enfance, redessiné et recoloré7. Le poète incite le lecteur à pénétrer dans le tableau et donc, par conséquent, à pénétrer dans la poésie, car cette incitation se fait par les mots. La sérénité, la lucidité, la maîtrise de Constable représentent pour lui une sorte d’apogée de l’expression.
    L’écriture poétique de Bonnefoy est parcourue tout entière par le souci de mieux habiter le monde qui est le nôtre, d’en saisir par le langage la présence et la beauté, d’aider l’autre à mieux vivre et à s’émerveiller de ce qui l’entoure.

    Concetta CAVALLINI
    Università di Bari Aldo Moro

     

    1*Pour Yves Bonnefoy, écrire la poésie signifie rendre le monde au visage de la présence. Pour lui la présence est l’expérience immédiate, pure et unie du monde, comme celle des enfants, qui ne sont pas encore corrompus par le langage. Il nous donne cette définition : « L’objet sensible est la présence. Il se distingue du conceptuel avant tout par un acte. Il est ici, il est maintenant. Le sensible est une présence, notion quasi déserte de tous sens, notion à jamais impure selon l’esprit conceptuel » (Yves Bonnefoy, « L’acte et le lieu de la poésie », in L’improbable, Paris, Mercure de France, 1959, p. 107.

      2*Yves Bonnefoy, Ce qui fut sans lumière, Paris, Collège de France, 2004, p. 68.

    3*Yves Bonnefoy, Le grand espace, Bergamo, Moretti e Vitali, 2008, p. 103.

    4*Ibid.

     

    Concetta Cavallini

    Concetta Cavallini

    Yves Bonnefoy tra poesia e arti visive


    1. Bonnefoy e Constable


    Creazione artistica e creazione poetica sono due campi e due forze che si dividono il potere dell’immagine. Pittura e poesia liberano la realtà dei segni verbali che impediscono allo spettatore di penetrare il mondo in profondità e gli offrono la possibilità di vivere la presenza1 sorpassando il livello della rappresentazione. Parola poetica e immagine dipinta devono lottare contro questo concetto che intrappola la realtà per esprimerla in modo immediato.
    I componimenti di Bonnefoy rappresentano i luoghi di un dialogo incessante non solo con il lettore ma anche con le opere d’arte contemporanee e del passato. Il quadro di John Constable « Dedham, from Langham » (1813) dà il titolo ad un componimento celebre di Bonnefoy, inserito nella raccolta Ce qui fut sans lumière2. Il poeta evoca spesso nelle sue oere critiche la luce cangiante e fuggitiva che caratterizza Constable, « questo pittore del Nord »3. Il componimento è diviso in due sezioni, di lunghezza diversa. Le immagini che si susseguono sono numerose, come se si trattasse di tocchi di colore, e « cespugli », « villaggi da lontano », « fiume » sembrano sfilare sotto gli occhi del lettore. La sensazione di malinconia sembra imporsi, ma il pittore ha saputo dare al quadro una luce senza eguali e Bonnefoy gli riconosce questo merito « Mais tu as su mêler à ta couleur / Une sorte de sable qui du ciel / Accueille l’étincellement dans la matière »4.
    E’ come se Bonnefoy avesse voluto penetrare in questo quadro per prendere parte all’incertezza e all’angoscia del pittore che deve lottare contro dei segni inafferabili. Ma egli partecipa anche alla sua vittoria per aver trovato la forma che fa risuonare la musica stessa dei colori : « Tu as vaincu, d'un début de musique, / La forme qui se clôt dans toute vie » 5.
    Il ritmo accelerato determinato dagli enjambements dà un’idea di unità che favorisce una sorta di visione sinergica del componimento nella sua totalità, come se si trattasse di un quadro. Per Bonnefoy, che lo esprime chiaramente soprattutto nella seconda sezione del componimento, la potenza creatrice di Constable è enorme. Il pittore arriva ad esprimere « la pienezza nel rumore ». Questa parola, pienezza, è ripetuta a più riprese per rinforzare l’idea della combinazione raffinata della forma e del colore che producono un risultato reale, risultato che permette di avventurarsi nel campo delle figure e dei segni6.
    L’ammirazione di Bonnefoy per Constable è profonda. Egli sembra aver rivelato l’infanzia dell’arte e cioè le figure e i segni che riscoprono il paese luminoso d’infanzia, ridisegnato e ricolorato7. Il poeta incita i lettori a penetrare nel quadro e, dunque, di conseguenza, a penetrare nella poesia, perché questo incitamento si fa attraverso le parole. La serenità, la lucidità, l’abilità di Constable rappresentano per Bonnefoy una sorta di apogeo dell’espressione.
    La scrittura poetica di Bonnefoy è percorsa interamente dalla preoccupazione di abitare meglio il mondo che è il nostro e di afferrarne attraverso il linguaggio la presenza e la bellezza, di aiutare l’altro a vivere meglio e a meravigliarsi di ciò che lo circonda.

    Concetta CAVALLINI
    Università di Bari Aldo Moro

     

     

     

     

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